Lettre hebdomadaire du 15 au 21 février 2021

SOMMAIRE

1) ADHESION 2021 : Adhérer  à la Maison de l’Europe de Provence pour exprimer sa citoyenneté européenne !

2) SEMAINE EUROCITOYENNE :  FÊTES NATIONALES EUROPEENNES : 15/II = Serbie, 16/II = Lituanie, 17/II = Kosovo* les fêtes nationales célèbrent des évènements majeurs qui permettent de mieux comprendre la politique des pays.

3) EUROSYNTHESE : Les élections du 14 février au Kosovo

1) CAMPAGNE D’ADHÉSION 2021
ADHÉRER À LA MAISON DE L’EUROPE DE PROVENCE POUR EXPRIMER SA CITOYENNETÉ EUROPÉENNE !
APPEL DU BUREAU DE L’ASSOCIATION :

Madame, Monsieur,Chers adhérents, sympathisants et partenaires, 
En ces temps difficiles tant au niveau sanitaire qu’au niveau géopolitique (scepticisme national, Brexit, tensions à l’intérieur comme aux frontières de l’Europe…) il est plus que jamais nécessaire de se recentrer sur nos choix et sur nos valeurs. Il est plus que jamais nécessaire de faire vivre au quotidien et de développer la citoyenneté européenne.
Pour chacun de nous, cela peut commencer par un acte simple : adhérer à la Maison de l’Europe de Provence.
En effet, dans ce monde de plus en plus individualiste où les aspects économiques sont de plus en plus prégnants (baisse des subventions par exemple), adhérer devient un acte militant pour permettre de faire vivre ce en quoi nous croyons.
Mais adhérer, c’est aussi avoir accès à une information riche, pouvoir participer à des conférences, à des manifestations, donner son avis, poster du contenu et échanger entre membres. En synthèse, adhérer c’est être au coeur de l’actualité européenne et se donner ainsi les moyens de devenir un acteur éclairé du développement de la citoyenneté européenne.
Nous avons déjà beaucoup fait dans les années passées pour participer au développement de cette citoyenneté mais nous avons l’ambition aujourd’hui et demain de faire ensemble encore plus. Faire beaucoup plus en développant par exemple, en ces temps de distanciel confiné, des moyens modernes et adaptés de communication  (refonte totale de notre site internet, présence sur les réseaux sociaux…). Faire beaucoup plus en oeuvrant auprès des jeunes qui seront l’Europe de demain (des dizaines de collèges et lycées, des Proviseurs, Professeurs, Documentalistes et élèves participent chaque année aux aux concours scolaires  et/ou suivent les enseignements du certificat d’études européennes.
Les institutionnels : Ville d’Aix-en-Provence, Département des Bouches-du-Rhône, Région Sud-PACA, Fédération Française des Maisons de l’Europe nous font confiance. De nombreuses associations sont nos partenaires. Nous avons un tissu riche de sympathisants et d’adhérents.
Alors n’hésitez pas. Nous vous attendons. Venez en 2021 nous rejoindre dans votre maison : la Maison de l’Europe de Provence !
Le Bureau.
PS   Pour adhérer, il suffit de remplir le bulletin en pièce jointe (en bas de de ce mail) et de le retourner avec votre chèque (libellé à l’ordre de la Maison de l’Europe de Provence) à l’adresse suivante : Maison de l’Europe de Provence , 29 rue des Robiniers, 13090 Aix-en-ProvenceVous pouvez également télécharger le bulletin d’adhésion 2021 sur notre site : www.maison-europe-provence.eu

2) FÊTES NATIONALES EUROPEENNES 
A) Fête nationale de Serbie : 15 février. Le drapeau serbe représente les couleurs pan-slaves traditionnelles qui datent du XIIe siècle, en trois bandes horizontales : rouge en haut (qui est l’image du sang versé pour la liberté), bleu au milieu (ciel) et blanc en bas (lumière). Il s’y ajoute les armoiries serbes. La Russie a le même drapeau mais l’ordre des couleurs y est inversé. La fête nationale serbe célèbre le premier soulèvement national contre l’Empire Ottoman, le 15 février 1804.

RAPPEL HISTORIQUE
          La Serbie est un pays situé à la limite de l’Europe centrale et de la Péninsule Balkanique. On dit aussi qu’elle appartient aux “Balkans occidentaux”. Il y a 7 millions d’habitants sur 88 361 km2 (densité 91), la capitale est Belgrade. Les Serbes sont des Slaves du sud de religion chrétienne orthodoxe. Ils se sont installés dans les Balkans au VIIe siècle. Le royaume de Serbie a atteint son apogée au XIVe siècle puis il a été conquis par l’Empire Ottoman au XVe siècle. Leur conscience nationale étant restée forte, les Serbes obtiennent leur autonomie en 1830 puis leur indépendance en 1878. Ils forment la Yougoslavie en 1918 avec leurs voisins slaves du sud. L’éclatement de la Yougoslavie à partir de 1992 redonne progressivement sa personnalité historique à la Serbie : ce sera chose faite en 2006 avec la sécession du Monténégro ; par contre la Serbie refuse toujours de reconnaître la sécession du Kosovo. La Serbie est membre du Conseil de l’Europe depuis 2003 et elle a été reconnue officiellement comme candidate à l’Union européenne en 2011.


LE PREMIER SOULEVEMENT DE L’ERE DES NATIONALITES

La fête nationale du 15 février célèbre le premier soulèvement national serbe contre l’Empire Ottoman à partir du 15 février 1804. Il faut savoir que sous la domination turque, les Serbes avaient sur leur territoire, en tant que chrétiens, un statut de seconde zone : souvent spoliés de leurs biens, astreints à des corvées, payant un impôt supplémentaire et subissant l’enlèvement des garçons premiers-nés pour en faire des janissaires. Après quatre siècles de domination turque, la révolte serbe éclate après le massacre de notables serbes par les janissaires. Sous la direction de Georges Petrovic (connu sous le nom de Karageorges, c’est à dire Georges le Noir en turc), les insurgés parviennent à libérer la Serbie mais les Ottomans en font la reconquête en 1813. Il faudra un second soulèvement serbe en 1815 pour permettre à la Serbie d’acquérir une autonomie reconnue (1830) puis l’indépendance (1878). La révolte serbe de 1804 est le premier soulèvement national contre les Turcs dans les Balkans et préfigure ainsi l’ère des nationalités. Les Serbes deviennent le prototype des peuples qui se libèrent et attirent l’attention de l’Europe sur eux. Cela conduira Victor Hugo, à la suite de nouveaux massacres turcs, à proclamer en 1876 : “Ce qui se passe en Serbie démontre la nécessité des Etas-Unis d’Europe“, en reprenant ainsi sa célèbre formule de 1849.


B) Fête nationale de Lituanie : 16 février
Le drapeau lituanien est tricolore avec 3 bandes horizontales : en haut, le jaune (le Soleil et l’ambre), au milieu, le vert (champs et forêts), en bas, le rouge (sang versé pour la patrie). Il est certainement apparu parmi les exilés au XIXe siècle puis fut adopté par la 1ère République de Lituanie (1918-1940) et repris quand les Lituaniens se sont révoltés contre l’URSS en 1989. La fête nationale lituanienne célèbre la proclamation de la restauration de l’indépendance du pays, le 16 février 1918.
          La Lituanie est un pays de l’Europe nordique, situé au bord de la Mer Baltique. C’est le plus méridional des 3 Pays Baltes. Sa capitale est Vilnius. Le relief est généralement plat (grande plaine de l’Europe orientale), avec un climat continental humide (étés chauds et hivers froids).La population est de 2,7 millions d’habitants pour une superficie de 65 300 km2 (densité = 42). Le solde migratoire est négatif depuis 1990. Les Lituaniens sont un peuple balte de religion chrétienne catholique : ils constituent 84 % de la population. Il y a des minorités slaves qui représentent 15 % (Polonais et Russes). L’ambre et la cigogne sont emblématiques de la Lituanie.Le royaume de Lituanie est issu de l’union des tribus au XIIIe siècle.C’est le dernier pays d’Europe à se convertir au christianisme au XIVe siècle. Il s’unit avec la Pologne de 1385 à 1795, avec une extension maximale au XVe siècle (de la Mer Baltique à la Mer Noire). En 1795, l’Empire Russe annexe le territoire lituanien. 


UNE INDÉPENDANCE CHÈREMENT ACQUISE AU XXe SIECLE
          Le malheur de la Lituanie est d’être coincée entre L’Allemagne et la Russie. En 1914, la Lituanie est donc sous domination russe. Pendant la Première Guerre Mondiale, elle est occupée par l’Empire Allemand à partir de 1915. Quand l’Empire Russe s’effondre en 1917, l’Allemagne autorise un conseil lituanien consultatif qui proclame l’indépendance le 16 février 1918. Mais les Allemands continuent à contrôler le pays : ils tentent de mettre sur pied un royaume de Lituanie confié à un prince allemand et qui serait associé à l’Allemagne. Ce n’est qu’en novembre 1918 que l’effondrement de l’Empire Allemand permet au gouvernement lituanien de mettre en oeuvre réellement l’indépendance. Les Lituaniens devront repousser une offensive soviétique en 1919 puis une offensive polonaise en 1920. 20 plus tard, l’indépendance de la Lituanie est sacrifiée par le pacte germano-soviétique. C’est d’abord une invasion soviétique en 1940 puis une invasion allemande en 1941. La Lituanie sera libérée de l’occupation nazie par une nouvelle invasion soviétique en 1944. Au cours de ces années tragiques, la Lituanie perd le 1/3 de sa population, résultat des persécutions, des déportations et des massacres ; la minorité juive étant exterminée.
Les USA n’ont pas reconnu l’annexion de 1944 par l’URSS mais il faudra attendre les débuts de la désintégration soviétique pour que les Lituaniens puissent se révolter en 1989 et finalement proclamer à nouveau leur indépendance en 1990. La Lituanie est membre du Conseil de l’Europe depuis 1993 et de l’Union européenne et de l’OTAN depuis 2004. Ils ont adopté l’euro en 2015.


C) Fête nationale du Kosovo : 17 février

  Le drapeau du Kosovo a été adopté en 2008 sur la base d’un concours supervisé par l’ONU pour éviter les tensions : il s’agissait d’écarter le drapeau albanais et d’afficher une volonté européenne. Il se compose d’une carte jaune du territoire du Kosovo, sur fond bleu et surmontée de 6 étoiles blanches qui représentent les 6 communautés ethniques : Albanais, Serbes, Roms, Bosniaques, Turcs et Gorans (minorité slave du sud de religion musulmane). Cependant la majorité albanaise garde l’usage du drapeau albanais. On peut remarquer que les couleurs sont les mêmes que celles du drapeau de Bosnie-Herzégovine. Il faut aussi constater que l’hymne national du Kosovo s’intitule : “Europe”… La fête nationale kosovare célèbre la proclamation de l’indépendance du pays, le 17 février 2008. Le Kosovo est le plus récent des Etats européens puisqu’il n’ a proclamé son indépendance qu’en 2008. C’est l’ultime avatar de l’éclatement de la Yougoslavie qui avait commencé en 1991.


GÉOGRAPHIE
           Il s’agit d’un territoire essentiellement montagneux situé dans la Péninsule Balkanique, enclavé entre l’Albanie, le Monténégro, la Serbie et la Macédoine du Nord. Il y a 1,9 million d’habitants sur 10 900 km2 (densité 159). La capitale est Pristina. La population est d’origine albanaise à 92 %. La principale minorité est serbe (6 %), avec aussi des Bosniaques (2 %), des Roms, des Gorans (Slaves du sud musulmans) et des Turcs (ces chiffres sont contestés par les Serbes). Le pays est de tradition musulmane (95 %) avec une minorité catholique (2 %). Le Kosovo pâtit d’une forte corruption et d’une situation économique difficile (il y aurait 30 % de chômeurs). Il y a donc beaucoup d’émigration (ainsi 5 % de la population a quitté le pays pendant l’hiver 2014-2015 !). Un tiers des citoyens vivraient à l’étranger.

HISTOIRE
          Le territoire actuel du Kosovo a longtemps fait partie de l’Empire Byzantin, jusqu’au XIIe siècle date à laquelle il est conquis par les Serbes. Il passe ensuite sous la domination de l’Empire Ottoman pendant 4 siècles 1/2 puis redevient serbe en 1913.  Avec la Serbie, il est ensuite intégré dans la Yougoslavie où il devient en 1945 une région autonome (mais non fédérée) rattachée à la Serbie. Les Serbes le considèrent comme l’un de leurs foyers historiques. Mais à partir de la fin du XVIIe siècle, il y a eu une forte émigration serbe pour fuir la domination turque : les Albanais ont alors commencé à peupler ce territoire voisin. C’est ce qui explique l’épisode de la Seconde Guerre Mondiale : l’Albanie, occupée par les Italiens, annexe le Kosovo (1941-1944).


LA GENÈSE DOULOUREUSE DE L’INDÉPENDANCE
          Avant même l’éclatement de la Yougoslavie, Milosevic, dirigeant de la Serbie, décide en 1989 la suppression de l’autonomie du Kosovo (qui était rattaché à la République fédérée de Serbie). Les Albanais du Kosovo commencent alors une résistance passive sous l’impulsion de leur dirigeant Ibrahim Rugova. Devant l’impasse de la situation, une guérilla albanaise commence à s’organiser en 1997. Les Serbes ripostent par des massacres ce qui provoque, en 1998, l’insurrection de la population albanaise que  la Serbie réprime très durement : un million d’Albanais sont chassés du Kosovo ce qui entraîne un exode dramatique ! L’OTAN intervient en 1999 en bombardant la Serbie, ce qui contraint les Serbes à se retirer du Kosovo qui est placé sous administration de l’ONU : la population albanaise peut rentrer chez elle. Ce conflit (1998-1999) a fait 13 000 morts. L’administration de l’ONU met en place progressivement des institutions locales et le 17 février 2008, le Parlement du Kosovo proclame l’indépendance qui devient pleinement effective en 2012.


LA QUESTION DU KOSOVO N’EST TOUJOURS PAS RÉGLÉE
          La Serbie conteste l’indépendance du Kosovo et la minorité serbe qui est concentrée dans le nord a fait sécession de fait et demande son rattachement à la Serbie : l’autorité du gouvernement kosovar ne s’exerce pas sur cette portion du territoire. Juridiquement, la situation est compliquée par le fait que le processus qui a conduit à l’indépendance s’est fait sur la base de la résolution 1244 de l’ONU, votée en 1999 et toujours en vigueur : cette résolution rappelle l’appartenance du Kosovo à la Serbie… Une majorité d’Etats a reconnu le Kosovo mais deux membres du Conseil de sécurité de l’ONU s’y refusent (Russie et Chine). Au sein de l’UE, 5 Etats membres refusent la reconnaissance : Espagne, Grèce, Chypre, Roumanie et Slovaquie. Le Kosovo n’est ni membre de l’ONU ni du Conseil de l’Europe.


LE KOSOVO ET NOUS

          Nous sommes concernés en tant que citoyens européens car le Kosovo a déjà un pied dans l’UE sans en être membre ni même candidat officiel. En effet, le Kosovo utilise l’euro comme monnaie sans appartenir à la zone euro (comme le Monténégro). Et “EULEX Kosovo” est une mission envoyée par l’UE au Kosovo dans le cadre de la Politique de Défense et de Sécurité Commune (PDSC). La PDSC vise à faire progresser une politique de défense commune de l’UE et, en particulier, à doter l’UE d’une capacité opérationnelle à l’extérieur pour assurer le maintien de la paix, en complémentarité de l’OTAN. La mission “EULEX Kosovo” a pour objectif de promouvoir l’Etat de Droit au Kosovo. La crédibilité de l’UE est donc en jeu. Enfin, le Kosovo est reconnu comme candidat “potentiel” à l’UE, tandis que la Serbie est candidate “officielle”. Ces deux pays devront donc régler leur contentieux pour espérer devenir membre de l’UE. Et la situation s’est récemment encore compliquée : le Président du Kosovo, Thaçi, a dû démissionner en novembre 2020 parce qu’il est accusé de de crimes de guerre et contre l’Humanité pendant le conflit de 1998-1999 : il est aujourd’hui emprisonné aux Pays-Bas avant d’être jugé par une Cour spéciale formée par des juges du Tribunal International sur la Yougoslavie. Les Kosovars ont évidemment le droit à l’auto-détermination. Mais on peut faire quelques remarques citoyennes de bon sens : quel est l’intérêt de créer deux Etats albanais voisins (on a déjà deux Etats roumains voisins) ? Comment peut-on reconnaître comme candidat potentiel à l’UE un pays qui n’est pas membre de l’ONU ? Et, à la racine de tout, le dogme diplomatique de l’intangibilité des frontières est-il justifié ? Certains avancent en effet qu’un échange de territoire entre Serbie et Kosovo pourrait être une solution au conflit, d’autres pensent que les Kosovars pourraient s’unir à l’Albanie. C’est à chaque citoyen de se faire son opinion…

3) EUROSYNTHESE (synthèse de l’actualité de l’Union européenne d’après les articles du quotidien Le Monde) + informations en provenance d’internet* sujet choisi parce qu’il est en rapport avec la fête nationale kosovare traitée dans la partie de la “Semaine européenne”


ELECTIONS LEGISLATIVES AU KOSOVO (14 février 2021)
  Le parti “Autodétermination” (“Vetëvendosje / VV” en albanais) est grand vainqueur avec 48,2 % des voix. C’est un parti de gauche (observateur à l’Internationale socialiste) dont les valeurs principales sont le nationalisme albanais, la démocratie directe et la sociale-démocratie. Il est dirigé par Albin Kurti qui était très engagé contre la corruption.  Il est marié avec une Norvégienne et il a déclaré qu’il avait comme principales priorités la lutte contre la corruption,  le développement économique grâce à l’aide européenne et à l’argent de la diaspora kosovare et le dialogue avec la minorité serbe, tout en esquissant l’idée d’une fédération. Il avait été Premier Ministre de février à mars 2020 avant d’être renversé par une motion de censure. Ses partisans ont défilé dimanche soir en arborant le drapeau albanais.Les principaux partis suivants sont le Parti Démocratique du Kosovo (de l’ancien président Thaçi, droite nationaliste) : 17 % ; et la Ligue Démocratique du Kosovo (centre-droit libéral, de l’ancien leader historique Ibrahim Rugova).

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