Ma première pensée va d’abord à tous nos adhérents, sympathisants, lecteurs et visiteurs. J’espère que vous n’avez pas trop souffert de cette période confinement. Comme beaucoup d’entre nous, vous avez peut-être traversé un premier moment d’inquiétude et de découragement. Et puis vous avez certainement redécouvert des valeurs traditionnelles essentielles : importance de la vie privée, famille, amitiés, réflexion personnelle, cadre de vie, lecture, solidarité… Bref, des éléments importants qu’on avait un peu tendance à négliger dans la trépidante vie moderne. Et vous pensez que votre vie après le déconfinement ne sera plus tout à fait la même car vous donnerez plus d’importance à ces valeurs dans votre comportement futur.

On peut espérer qu’il en sera de même pour l’Europe. Il faut d’abord éviter les mauvais procès au sujet de la crise sanitaire et rappeler qu’en matière de santé, l’Union européenne n’a que des compétences très limitées : encourager la coopération et compléter les politiques nationales sans s’y substituer. Cela n’a pas empêché la solidarité européenne comme le montre un article de notre “Journal du 9 mai 2020”. Il est évident que nous avons besoin de “plus d’Europe” dans ce domaine comme dans d’autres. Le Conseil européen vient de charger la Commission d’élaborer un fonds de relance, et sa présidente, Mme von der Leyen, a suggéré de faire passer le budget de l’U.E. de 1 %à 2 % du produit européen : c’est indispensable pour permettre des politiques européennes dont nous avons besoin, notamment en matière industrielle et de santé. D’autre part, on a vu qu’un consensus semblait se faire pour éviter que les Européens dépendent d’autres continents pour des approvisionnements essentiels. Cela ne doit pas déboucher sur la juxtaposition de souverainetés nationales concurrentes mais se faire dans un cadre européen concerté. Pour cela, il est nécessaire de faire avancer la réflexion sur le concept de “souveraineté européenne“, fondé sur la coopération entre Etats et la répartition des tâches dans le cadre de politiques européennes.

Enfin, il est nécessaire de rapprocher les citoyens de l’Union européenne. Pour cela, rien de mieux que de leur demander leur avis ! C’est justement l’objectif de la “Conférence pour l’Avenir de l’Europe” qui doit être proposée par les institutions européennes. La Commission européenne a avancé deux volets pour les débats.Le premier sur les objectifs de l’U.E. : il est en effet capital de savoir dans quels domaines des politiques européennes seraient plus efficaces que des politiques nationales. Et ces politiques européennes ont besoin d’être mieux identifiées pour être mieux comprises par les citoyens. On doit également se pencher sur les fondements démocratiques de l’U.E. Le 2e volet devrait être consacré aux processus démocratiques institutionnels comme le système des têtes de liste et les listes transnationales pour les élections européennes. La société civile sera invitée à participer à la conférence. La Maison de l’Europe de Provence, qui est engagée pour l’Europe des citoyens sera très attentive à ce processus pour y faire participer les Provençaux. Il était prévue que cette conférence, qui doit durer deux ans, serait annoncée à l’occasion de la Journée de l’Europe du 9 mai 2020. Apparemment, cette annonce a été reportée sine die à cause de la crise du covid-19.Il nous faut donc maintenant demander plus d’informations à ce sujet…

En résumé, plus d’Europe oui, mais une Europe souveraine, mieux définie et en prise avec ses citoyens !

Alain-Pierre Merger

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